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  Interview dans Jeune Afrique : le DG de l'ADIE étale la politique informatique de l'Etat
Interview dans Jeune Afrique : le DG de l'ADIE étale la politique informatique de l'Etat

Dans son édition n°2917 daté du 04 décembre 2016, le Magazine Jeune Afrique ouvre une fenêtre sur la vie économique, diplomatique et politique du Sénégal dans un dossier spécial de 22 pages. Le Directeur Général de l'Agence De l'Informatique de l'Etat, Cheikh BAKHOUM, y intervient en exposant plusieurs chantiers  en cours de l'Etat en matière d'informatisation de l'administration. Les grands projets de l’ADIE qui s'inscrivent, pour la plupart, dans le Plan Sénégal Emergent (PSE) sont ainsi évoqués, dans cet entretien.

Quel est l’apport  de l’ADIE dans la gouvernance électronique au Sénégal ?

L’ADIE a pour objectif de moderniser l’administration sénégalaise en mettant à sa disposition un système d’information cohérent et évolutif dans le but d'offrir un service public de qualité aux usagers. Pour atteindre cet objectif, nous avons construit une infrastructure réseau moderne couvrant déjà l’essentiel  du territoire national afin de permettre la mise en place de systèmes d’information fiables, de mener une politique de dématérialisation pour simplifier les procédures administratives, et de délivrer des services  à haute valeur ajoutée pour l’agent de l’administration et le citoyen.

A travers l’ADIE, nous ambitionnons aussi de faire du Sénégal un pôle de référence dans le secteur des Technologies de l’Information et de la Communication en Afrique via une contribution significative au développement économique et social de notre pays. Cela passe par le désenclavement numérique du territoire à travers l’extension du réseau haut-débit de l’Etat opéré par l’ADIE.

Vous avez parlé de services fournis aux citoyens. Quels sont ces nouveaux e-services déployés?

Parmi les missions de l’ADIE, la dématérialisation des procédures administratives occupe une place importante. Après l’identification et la vulgarisation de plus de sept cent procédures administratives qui peuvent être consultées sur le site web www.servicepublic.gouv.sn, nous avons mis en place la plateforme  TeleDAC (Teledemande d’autorisation de construire) devenue TéléDemande d’Actes Administratifs pour pouvoir prendre en charge plusieurs nouvelles procédures à dématérialiser.

Nous avons dématérialisé l’inscription aux concours de l’Ecole Nationale d’Administration (ENA) à la grande satisfaction des participants.

Il convient de rappeler que l’ADIE déploie aussi de nombreuses solutions logicielles pour répondre aux besoins métiers dont le Système de Gestion Electronique du Courrier (SyGEC), le Plan de Travail Annuel automatisé (e-PTA) ou encore le Smart e-conseil.

Tous ces outils contribuent à simplifier les relations entre l’administration et ses administrés, avec le souci constant de répondre, au mieux, aux préoccupations du citoyen et de lui délivrer un service public de qualité, performant et transparent.          

Où en êtes-vous avec le projet de déploiement du « backbone » national ?

La phase 3  a démarré en janvier 2016. Son objectif, à terme, est de mailler tout le territoire national en fibre optique. Avant le démarrage de cette phase dénommée « Projet National Large Bande Sénégal », l’ADIE avait déjà déployé une infrastructure de type opérateur de 1500 km de fibre optique, un réseau cellulaire de type CDMA et un réseau sans fil de type WiMAX. Elle a entamé, en début d’année, ce projet réseau national large bande du Sénégal qui vise à étendre de 3000 km supplémentaires le « backbone » actuel. Une couverture intégrale en haut débit sera donc disponible d’ici fin 2016 pour prendre en charge tous les besoins de l’administration sénégalaise. Il est même envisagé de renforcer la capacité d’accès aux infrastructures aux opérateurs privés, en vue de rentabiliser cet important investissement consenti par l’Etat du Sénégal, suivant les  orientations du Président de la République, Macky SALL.

Existe-t-il de projets de coopération avec vos homologues d’autres pays africains ?

Nous échangeons beaucoup avec nos homologues africains. Après le Tchad avec qui nous avons signé en 2016 une convention, nous avons entamé des projets de coopération avec le Niger et le Benin qui sont déjà venus s’inspirer de notre expérience. Nous avons aussi des échanges de bons procédés en matière de dématérialisation des procédures administratives avec d’autres pays comme le Rwanda, le Cap Vert, pour ne citer que ceux-là.

Pouvez-vous nous citer quelques réalisations phares à votre actif depuis votre arrivée à la tête de l’ADIE ?

A ce titre, j’ai déjà parlé de SyGEC qui revient de manière récurrente parmi les services les plus demandés par les structures administratives. Je peux aussi citer l’élaboration du catalogue de services qui comprend l’ensemble des solutions matures que l’ADIE délivre à l’administration. Cet outil d’aide à la décision réorganise complétement les rapports entre l’agence et les usagers. En outre, il permet d’entrevoir des collaborations fructueuses entre les secteurs public et privé en vue d’enrichir le portfolio de services disponibles.

Aussi, nous avons contribué à la réduction de moitié de la facture téléphonique de l’Etat du Sénégal. Je n’oublie pas  l’accompagnent des structures administratives dans la modernisation de leurs sites web pour lesquels un accent particulier est mis sur l’harmonisation et la  sécurisation. 

08.12.2016